Retour sur le premier Symposium Transition Solutions – les messages à retenir

Nergica a rassemblé des acteurs clés des secteurs de l’énergie renouvelable pour discuter de la façon de relever les défis associés à la transition énergétique et trouver des manières d’accélérer la décarbonisation du Canada. Voici un résumé des sujets qui ont été abordés pendant le Symposium Transition Solutions le 14 octobre. Le Symposium Transition Solutions est un événement pancanadien consacré aux innovations technologiques, sociales et politiques nécessaires pour le déploiement des énergies renouvelables et l’accélération de la transition énergétique.

Présentation d’inauguration principale

Peter Tertzakian, Directeur adjoint, ARC Energy Research Institute

Tonja Leach, Directrice exécutive, QUEST

Pendant la séance d’inauguration, notre modérateur, Peter Tertzakian, et Tonja Leach ont discuté des sujets sur lesquels ils avaient hâte d’en savoir plus pendant le symposium. Mme Leach a mentionné qu’elle souhaitait savoir où se trouvaient les possibilités d’intégrer les actifs dans lesquels nous avons déjà investi. Elle a précisé que nous devons tirer parti de ce que nous avons déjà mis en place et poursuivre nos efforts en la matière.

Le rôle possible des organismes individuels et locaux dans la transition énergétique a également été soulevé pendant la présentation d’inauguration. Dans un contexte où les répercussions des changements climatiques sont de plus en plus importantes et tangibles, les communautés manifestent un intérêt croissant envers l’énergie propre. « Les communautés en sont venues à réaliser qu’elles ont le pouvoir d’agir à l’échelle locale et de faire la différence », a déclaré Tonja Leach. Cet intérêt et cet engagement croissants des organisations locales soulèvent la question de notre rôle à titre de professionnels de l’énergie renouvelable : quelle transition notre contribution connaîtra-t-elle alors que ces nouveaux joueurs obtiennent désormais une place à la table?

Plusieurs autres questions ont été posées pendant la séance d’inauguration, et la table était mise pour le reste de la journée : nous devons être tournés vers l’avenir afin de mettre en œuvre des solutions pratiques qui faciliteront le déploiement d’énergies renouvelables avantageuses pour la société dans son ensemble.

Panel 1- La production décentralisée et la montée du consommacteur: spirale descendante ou cercle vertueux?

Sarah Simmons, Directrice (production et secteurs émergents), Power Advisory LLC

Robert Sinclair, Président, EnerStrat Canada Inc.

Jennifer Hiscock, Directrice adjointe – Réseaux intelligents et énergies renouvelables, Bureau de recherche et de développement énergétiques, Ressources naturelles Canada

Les commentaires de Tonja ont été une belle entrée en matière pour le premier panel sur les prosommateurs et la façon dont ils modifient le statu quo. Sarah Simmons a lancé le panel en définissant ce que nous entendons par « prosommateurs » : des consommateurs d’électricité qui produisent également de l’électricité. Elle a ajouté qu’il est également important de réfléchir aux raisons pour lesquelles les consommateurs sont disposés à devenir des prosommateurs — que ce soit pour pallier les coûts de l’électricité, pour participer à la production d’énergie renouvelable ou pour des raisons de fiabilité.

Les panélistes ont convenu que le nombre accru de producteurs privés s’accompagne de possibilités fantastiques, mais aussi de défis. Il faut encourager cet enthousiasme et cet intérêt aussi marqués pour la production autonome d’électricité, en raison des avantages durables de cette production, mais cette situation fait également en sorte que les exploitants des réseaux et les autres organisations remettent en question leurs habitudes, leurs technologies et leurs politiques afin de mieux servir ce nouveau type de clients. Ces clients sont également des fournisseurs, et c’est ce qui rend cet échange bidirectionnel entre les prosommateurs et les exploitants, fondé sur la facturation nette, si unique et si complexe, par moments, à gérer. Les leaders en matière d’énergie propre doivent donc redéfinir la façon de produire de l’électricité et de la distribuer, afin de créer un système avantageux pour tous! Qu’il s’agisse de faire appel à des politiques, des technologies ou un changement de mentalité, bon nombre des facettes du marché de l’énergie doivent s’adapter à cette nouvelle réalité pour saisir les occasions qu’elle présente.

Panel 2 – Feu vert à l’hydrogène vert : sommes-nous déjà (vraiment) prêts?

David Layzell, Architecte des systèmes énergétiques, The Transition Accelerator, Professeur, Université de Calgary

La plus petite des molécules, qui commence à prendre beaucoup de place sur la scène des énergies renouvelables, était au cœur du deuxième panel : l’hydrogène.

L’hydrogène — et ses différentes « couleurs » — ont suscité des discussions passionnées au fil des ans et reviennent à l’avant-scène. L’hydrogène vert fera-t-il enfin sa place sur le marché? Bien qu’il existe de nombreuses façons de produire de l’hydrogène, utiliser de l’électricité 100 % renouvelable pour produire des molécules d’hydrogène (H2) à partir de molécules d’eau (H2O) est actuellement la seule façon établie de générer de l’hydrogène sans produire d’émissions. Cet « hydrogène vert » représente une petite partie de la production totale mondiale d’hydrogène. Les autres méthodes courantes de production de H2 sont des processus de dissociation de l’eau qui font appel à de l’électricité non renouvelable, au reformage du méthane à la vapeur et à la gazéification du charbon, qui causent inévitablement des émissions de GES. L’H2 produit à l’aide de ces processus est appelé « hydrogène bleu », « hydrogène gris » ou « hydrogène brun ».

Dans un contexte où l’intérêt envers l’H2 comme source d’énergie progresse à pas de géant à l’échelle internationale comme au Canada, David Layzell explique que les chaînes d’approvisionnement et de valeur de l’H2 doivent encore être définies pour les économies axées sur la valeur économique. Maintenant que nous avons compris la science derrière le processus, nous devons nous concentrer sur les aspects logistiques et les utilisations pour que l’hydrogène vert puisse prendre sa place dans le bouquet d’énergie à long terme. Le professeur Layzell a mentionné que des projets emballants sont en cours au Canada, particulièrement pour les camions.

Panel 3 – Feu vert à l’hydrogène vert : sommes-nous déjà (vraiment) prêts?

Marcel Boyer, Ph.D., O.C., C.Q., FRSC, Professeur émérite, Département de sciences économiques, Université de Montréal

Philip Duguay, Directeur général, Canada Grid, The Transition Accelerator

Scott Thon, President & CEO, Berkshire Hathaway Energy Canada / AltaLink

L’électricité au Canada est un enjeu provincial. Pourtant, l’électricité revêt une importance nationale, voire internationale. Dans cette optique, on peut se demander si le commerce de l’électricité pourrait contribuer à garantir que l’énergie renouvelable soit exploitée à grande échelle.

Philip Duguay a recommandé de mettre de côté les approches provinciales en place pour le bien de tous. Actuellement, plusieurs provinces se livrent une concurrence sur le marché, alors que les provinces canadiennes — en particulier l’Ontario, le Québec et Terre-Neuve-et-Labrador — pourraient unir leurs forces et partager des outils qu’elles ont en commun afin d’exercer plus d’influence sur le marché américain. Pendant le panel, il a été mentionné que de telles ententes commerciales pancanadiennes, ou même entre les États-Unis et le Canada, nécessiteraient que nous redéfinissions notre vision de l’énergie. Cette transformation pourrait comprendre la participation des différents territoires de compétence à la planification interrégionale, une modélisation à plus grande échelle et une transparence de la part des différentes parties prenantes. Outre les questions d’ordre économique et politique, l’état de préparation du réseau sur le plan technique est également un paramètre à examiner, comme l’a indiqué Scott Thon.

Panel 4 – Produire plus n’est pas la solution à tous les problèmes

Ralph Torrie, Directeur de la recherche, Corporate Knights

Pierre-Olivier Pineau, Professeur, HEC Montréal

Peter Tertzakian n’a pas mâché ses mots lorsqu’il a donné le coup d’envoi au dernier panel en posant la question suivante : « Gaspillons-nous l’électricité canadienne parce qu’elle est trop abordable? » Ce à quoi Pierre-Olivier Pineau, de HEC Montréal, a répondu dans l’affirmative, avec fermeté.

Il a poursuivi en nous faisant remarquer que les Canadiens sont les plus grands consommateurs d’énergie par habitant dans le monde. Comme l’a mis en lumière la discussion entre Nergica et Johanne Withmore, une autre chercheuse de HEC Montréal, la diminution de la consommation est un élément crucial de la transition énergétique. Ainsi, la production plus écologique d’électricité devrait s’accompagner d’une réduction de notre utilisation de l’électricité et d’une modification de nos habitudes. Raph Torrie a fait valoir que même si l’augmentation des tarifs peut être une façon efficace de créer une certaine réceptivité sur le plan psychologique, il est irréaliste de s’attendre à ce que les gens changent radicalement leurs habitudes seulement en raison des prix. Par conséquent, mettre l’accent sur les tarifs peut nous empêcher de tirer parti d’autres possibilités. Par exemple, il a mentionné qu’outre les augmentations de tarifs, l’efficacité énergétique et les politiques sont des outils qui pourraient nous permettre d’atteindre nos objectifs de carboneutralité.

Le Symposium Transition Solutions a été le point de départ de dialogues importants entre experts de l’énergie propre au Canada. Au terme de cette journée remplie de discussions constructives pendant les séances de réseautage et de partage de renseignements précieux par les panélistes, nous espérons que des dialogues utiles et ouverts se poursuivront dans le secteur de l’énergie propre et entre les parties prenantes.

Un grand merci aux experts invités, au public et à nos sponsors EDF Renewables et CanREA.

La rediffusion de ce symposium sera disponible sous peu; restez à l’affût! Et le Symposium Transition Solutions sera de retour en 2022!

Nous sommes impatients de vous revoir à Ottawa, ou en ligne, le 23 mars prochain. Plus de panels et de leaders de la transition énergétique canadienne vous attendent.

Auteur(s) : Alexandra Gellé

Nergica a rassemblé des acteurs clés des secteurs de l’énergie renouvelable pour discuter de la façon de relever les défis associés à la transition énergétique et trouver des manières d’accélérer la décarbonisation du Canada. Voici un résumé des sujets qui ont été abordés pendant le Symposium Transition Solutions le 14 octobre.